Comment lire le rapport COT

Le rapport COT, publié par la CFTC, montre comment les gros traders sont placés sur les futures, pas sur la paire forex au comptant. Pour une devise, on lit son future, puis la position nette des fonds à effet de levier (achats moins ventes), le changement depuis la semaine précédente, et la place de cette nette dans son historique. Une nette proche d’un extrême est un trade saturé ; une nette moyenne qui grossit encore décrit la tendance.

Ce qu’est le rapport COT

COT veut dire Commitments of Traders. Une fois par semaine, la CFTC américaine publie combien de contrats futures les grosses sociétés déclarantes détiennent, et quel type de société les détient. C’est un recensement de positions qui existent déjà. Ce n’est pas une prévision, et ce n’est pas l’avis d’un courtier sur le prix au comptant. Le forex n’a pas de ligne COT à lui, parce que le marché au comptant entre banques n’est pas un marché de futures supervisé par la CFTC. La lecture forex passe par le future qui représente la devise.

Le future sur l’euro représente l’euro : une nette acheteuse y est un achat d’EUR/USD. Le future sur le yen représente le yen, et celui-là inverse la paire : une nette acheteuse de yen est un achat de yen, donc une vente d’USD/JPY. Le future sur la livre va avec GBP/USD, celui sur le dollar australien avec AUD/USD. Le dollar canadien et le franc suisse inversent encore, parce que ces futures cotent la devise contre le dollar alors que la paire au comptant cote le dollar contre la devise : une nette acheteuse de dollars canadiens est une vente d’USD/CAD, une nette acheteuse de francs est une vente d’USD/CHF. Le future sur l’indice dollar décrit le panier, pas une paire. Le même recensement existe pour l’or, si l’or est le marché à côté du livre de devises.

Quand il sort, et quelle ligne lire

Les positions sont celles du mardi. La CFTC les publie le vendredi à 15 h 30, heure de New York. À Paris c’est souvent 21 h 30, à Londres 20 h 30, mais les États-Unis et l’Europe ne changent pas d’heure aux mêmes dates : pendant quelques semaines, le rapport tombe une heure plus tôt. L’heure de ce vendredi-là est celle du calendrier, pas une heure retenue par cœur. Si le vendredi est férié aux États-Unis, la publication bouge, en général au lundi suivant. Quand on le lit, trois séances ont déjà eu lieu. Un mercredi violent peut rendre le tableau du vendredi en retard. On le lit quand même, et on le dit : c’est le livre de mardi, pas celui de ce matin.

La ligne qui compte pour une lecture directionnelle du forex est celle des fonds à effet de levier. Ce sont les livres spéculatifs, surtout des hedge funds et des gérants de contrats à terme. L’ancienne ligne « non-commercial » du rapport historique est la cousine de cette ligne, pas la même : depuis le rapport détaillé, les swap dealers sont à part. On n’additionne pas les deux tableaux. Les commerciaux, dans le groupe des producteurs et des négociants, couvrent surtout un risque. Ils sont souvent nets de l’autre côté des fonds, parce qu’ils ont pris l’autre côté. Cette opposition est normale. Ce n’est pas un second signal. La ligne non déclarante, ce sont les petits traders sous le seuil de déclaration. L’open interest, au bord du tableau, est le total des contrats encore ouverts. Il dit si le marché ajoute des positions ou s’il les quitte.

Les trois chiffres, et l’historique autour

Contrats achetés moins contrats vendus, c’est la position nette. Une nette positive est acheteuse. Une nette négative est vendeuse. Le niveau seul fait une mauvaise phrase. Une devise peut rester nette acheteuse pendant un an parce que les fonds aiment la tendance, et zéro n’est pas un neutre magique. On compare la nette de cette semaine à celle de la semaine d’avant, et à sa propre fourchette sur un à trois ans. L’écart hebdomadaire dit s’ils ajoutent ou s’ils coupent. La fourchette dit si le trade est ordinaire ou saturé. Une nette près du haut de cette fourchette est un achat saturé. Une nette près du bas est une vente saturée. Une nette au milieu, qui grossit encore, est une tendance qui a encore de la place.

L’open interest change le verbe. Si la nette acheteuse monte et que l’open interest monte, de nouveaux achats s’ouvrent. Si la nette acheteuse baisse et que l’open interest baisse, des achats se ferment, ce qui n’est pas la même chose que de nouvelles ventes. Si la nette acheteuse baisse et que l’open interest monte, de nouvelles ventes arrivent. On écrit cette phrase avant de regarder la bougie. Un à-coup d’une semaine dans une fourchette ordinaire est du bruit. Le rapport est hebdomadaire, donc un graphique journalier aura toujours l’air plus agité que le tableau. On n’est pas en retard sur un scalp. On lit le livre que les gros traders de futures tenaient mardi.

Une lecture de la semaine, dans l’ordre

On le fait une fois, après la publication du vendredi, pour les devises que l’on trade vraiment. L’ordre sert à empêcher l’œil de sauter sur la case la plus spectaculaire.

  1. Nommer le future qui correspond à la paire, et noter si la paire est inversée. Future euro pour EUR/USD. Future yen pour USD/JPY, avec le signe inversé.
  2. Lire seulement la ligne des fonds à effet de levier : achats, ventes, et la nette. Ignorer les autres groupes tant que cette ligne n’est pas notée.
  3. Soustraire la nette de la semaine dernière à celle de cette semaine. Cet écart est le seul changement qui compte.
  4. Placer la nette dans sa fourchette des dernières années. Dire achat saturé, vente saturée, ou milieu.
  5. Lire l’open interest contre la semaine d’avant, et dire si les positions s’ouvrent ou se ferment.
  6. Écrire une phrase qu’un inconnu pourrait répéter : qui est positionné, s’il a ajouté, et si le trade est saturé. Ensuite seulement, regarder le prix.

Exemple : euro future, un achat saturé

C’est une illustration, pas un chiffre en direct. Les fonds à effet de levier sont acheteurs de 280 000 euro futures et vendeurs de 80 000. La nette est de plus 200 000. La semaine d’avant, elle était de plus 170 000 : ils ont ajouté 30 000 contrats. Le haut des trois dernières années est autour de plus 210 000. La nette est près de ce haut, et elle monte encore. L’open interest a monté avec elle, donc ce sont de nouveaux achats, pas un simple déplacement d’anciens. L’EUR/USD peut continuer de monter tant qu’ils ajoutent. Le rapport ne dit pas de vendre. Il dit que l’achat est saturé : une mauvaise nouvelle sur l’euro trouve plus de vendeurs forcés que le graphique ne le montre, parce que les fonds sont déjà dedans.

On change un fait, et la phrase change. Même nette de plus 200 000, mais l’open interest a baissé et la nette est passée de plus 230 000 à ce niveau. Ils quittent un achat, ils n’en construisent pas un. La lecture « saturé » s’efface. Ce n’est pas la même semaine que celle où ils ont ajouté. Troisième cas : la nette est de plus 40 000, près du milieu de la fourchette, en hausse depuis plus 10 000. Rien n’est saturé. Le rapport décrit une tendance encore en construction. Prendre cette lecture du milieu pour un retournement, c’est mal user d’un tableau hebdomadaire.

Exemple : future yen, et la paire inversée

Autre illustration. Les fonds à effet de levier sont nets vendeurs de 140 000 futures sur le yen. Il y a un mois, la nette vendeuse était de 90 000. La vente est près d’un extrême de plusieurs années, et l’open interest a monté en même temps que la vente : ce sont de nouvelles ventes de yen. Au comptant, c’est le même trade qu’un achat d’USD/JPY. Le graphique de la paire peut avoir l’air solide pendant ce temps. La phrase du rapport est : la vente de yen est saturée. Si ces fonds se mettent à racheter du yen, l’USD/JPY peut baisser alors que la ligne de tendance est intacte. On ne vend pas la paire parce que la nette est grande. On sait qui devra acheter si l’histoire casse.

L’erreur sur cette paire est de lire « nette vendeuse » comme « baissier sur la paire en dollar » sans inverser le signe. Une nette vendeuse de futures sur le yen est baissière sur le yen et haussière sur USD/JPY. La même inversion vaut pour USD/CAD et USD/CHF. EUR/USD, GBP/USD et AUD/USD ne s’inversent pas. On écrit la paire à côté du future avant d’écrire l’adjectif.

Ce que le rapport ne fera pas

Il ne donnera pas l’heure d’un mardi après-midi. Les positions ont déjà trois jours le jour de la publication, et elles ne disent rien des cinq prochaines minutes. Il ne remplace pas le calendrier économique : un vendredi de payrolls peut emporter un achat saturé avant le COT suivant. Il ne dit pas la taille à trader. Une nette saturée décrit le carburant et le risque, pas une consigne. Deux conventions de déclaration se mélangent aussi dans les billets de blog. Si un site montre les non-commercial et un autre les fonds à effet de levier, les nettes ne colleront pas, et aucun des deux n’a « tort ». On choisit une ligne et on s’y tient, pour que l’historique comparé soit celui de cette ligne.

Où le lire sur Novex

La page COT affiche cette nette des fonds à effet de levier, le changement de la semaine et l’historique, avec le mix de contrats et la recherche par symbole. L’aperçu directionnel place la même lecture à côté du positionnement des petits traders et du biais IA. La comparaison utile est simple. Si les fonds et les petits traders sont du même côté sur un extrême, la foule est plus large que la seule ligne COT. S’ils divergent, on regarde deux livres différents, et la phrase écrite le vendredi doit dire duquel on parle.

Questions fréquentes

C’est quoi le rapport COT de la CFTC ?

C’est le recensement hebdomadaire des positions sur les futures, publié par la CFTC, découpé par type de trader. En forex, on s’en sert en lisant le future de la devise, pas la paire au comptant. La publication décrit le livre de mardi et sort le vendredi.

Comment lire le rapport COT forex ?

On relie la paire à son future, on retient le signe pour USD/JPY, USD/CAD et USD/CHF, puis on lit la nette des fonds à effet de levier, l’écart de la semaine, et la place de cette nette dans son historique. On vérifie l’open interest pour savoir si les positions s’ouvrent ou se ferment.

Comment utiliser le rapport COT en trading ?

On s’en sert comme d’une carte du positionnement, après la publication du vendredi. Une nette qui grossit encore dans une fourchette normale décrit une tendance. Une nette collée à un extrême décrit un trade saturé : du carburant à l’entrée, et une ruée vers la sortie si l’histoire casse. Ça ne donne pas l’heure suivante.

C’est quoi un rapport COT simplifié ?

Une lecture simplifiée garde trois choses et laisse le reste de la grille : le bon future, la nette des fonds à effet de levier et son écart hebdomadaire, et la place de cette nette dans l’historique. Achats, ventes et open interest servent cette phrase. Les autres groupes de traders peuvent attendre.

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